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Syndrome du Tunnel Tarsien : Anatomie, Diagnostic et Traitement

Qu'est-ce que le syndrome du tunnel tarsien ?

Le syndrome du tunnel tarsien (STT) est une neuropathie compressive du nerf tibial postérieur au niveau de la cheville. Ce nerf, accompagné de ses branches terminales, chemine à travers un tunnel ostéofibreux situé en région rétromalléolaire médiale — le « tunnel tarsien » — délimité en surface par le rétinaculum des fléchisseurs et en profondeur par les plans osseux de la cheville.


Anatomie du tunnel tarsien

Le tunnel tarsien contient, de l'avant vers l'arrière :

  • Le tendon du muscle tibial postérieur

  • Le tendon du muscle fléchisseur commun des orteils (FDL)

  • L'artère et les veines tibiales postérieures

  • Le nerf tibial postérieur

  • Le tendon du muscle fléchisseur propre du gros orteil (FHL)

Le nerf tibial se divise dans ce tunnel en trois branches terminales : le nerf plantaire médial, le nerf plantaire latéral, et le nerf calcanéen médial. Toute augmentation de pression au sein du tunnel peut comprimer ces structures nerveuses et provoquer les symptômes caractéristiques du syndrome.


Causes et facteurs de risque

Le STT peut être idiopathique ou secondaire à de nombreuses causes :

  • Déformations du pied : pied plat valgus, pied creux

  • Lésions occupant de l'espace : lipome, kyste ganglionnaire, varices intratendinaires

  • Séquelles traumatiques : fracture du calcanéum, entorse grave de la cheville

  • Maladies systémiques : hypothyroïdie, polyarthrite rhumatoïde, diabète sucré

  • Obésité et surcharge pondérale prolongée


Symptômes

La présentation clinique typique associe :

  • Douleurs et paresthésies (brûlures, fourmillements) à la face plantaire du pied

  • Irradiation possible vers le talon et les orteils

  • Aggravation en station debout prolongée, à la marche, ou la nuit

  • Signe de Tinel positif à la percussion du tunnel tarsien

  • Dans les formes évoluées : déficit moteur des muscles intrinsèques du pied


Diagnostic

Le diagnostic repose sur :

  • L'examen clinique : signe de Tinel, test de Phalen modifié pour la cheville

  • L'électromyogramme (EMG) et les vitesses de conduction nerveuse

  • L'imagerie : IRM ou échographie pour identifier une cause compressive


Traitement

La prise en charge dépend de la sévérité et de la cause sous-jacente :

Traitement conservateur : orthèses plantaires correctrices, anti-inflammatoires, infiltrations corticoïdes locales, kinésithérapie.

Traitement chirurgical : la libération chirurgicale du rétinaculum des fléchisseurs (neurolyse du nerf tibial) est indiquée en cas d'échec du traitement conservateur, de cause structurelle identifiée, ou de déficit neurologique évolutif. L'intervention est réalisée sous anesthésie locorégionale, en ambulatoire, avec une incision rétromalléolaire médiale permettant la décompression complète du tunnel et de ses branches.


Suites opératoires et pronostic

Les résultats de la chirurgie sont satisfaisants dans 75 à 90% des cas bien sélectionnés. La récupération sensitive peut prendre plusieurs semaines à mois selon la durée de la compression. La reprise d'appui est généralement autorisée dès J1 avec une protection adaptée.


Pour toute question concernant votre pied ou une suspicion de syndrome du tunnel tarsien, n'hésitez pas à consulter notre équipe de chirurgie plastique et reconstructrice.

 
 
 

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